Il y a environ cinq ans que nous nous passionnons pour les couteaux d'art et de collection qui combinent, comme le montre le récapitulatif sur les matériaux, l'art et la technique, la beauté de la forme et la complexité des mécanismes. Notre démarche est essentiellement autodidacte, mais s'est enrichie d'une visite à la Maison de la Coutellerie de Thiers et de la fréquentation de salons professionnels internationaux qui permettent d'accéder de plein pied à l'univers du couteau d'art.

Naturellement, les débuts ne furent pas nécessairement fructueux, du moins c'est ce que les échecs amènent à penser dans un premier temps, mais l'acharnement et l'ouvrage cent fois remis sur le métier finissent par porter leurs fruits, même si un couteau terminé n'apporte de satisfaction que tant qu'il n'est pas suivi d'un autre que l'on espère plus beau et plus réussi. Parler de fièvre créatrice serait se prendre au sérieux ou alors prétendre rivaliser avec les poètes, ce qui est pire, mais parler de besoin de créer une pièce aboutie, tout critère esthétique étant subjectif par ailleurs, semble plus proche de la passion qui nous anime et nous rapproche.

Nous faisons effectivement les couteaux ensemble. Si par bien des égards, notre activité coutelière permet de prolonger les rapports père-fils de l'enfance et de l'adolescence, elle implique aussi inévitablement des moments de tension parce que chacun a des vues différentes sur la façon de procéder ou le résultat final souhaité. Néanmoins l'un dans l'autre, les désaccords ne font que stimuler l'émulation qui elle-même engendre des progrès. Nous avons commencé par faire des couteaux droits (type couteau de chasse) à l'allure peu élégante.

Rapidement, d'ailleurs, le couteau pliant nous a semblé plus adapté à nos attentes esthétiques et plus exigeant du point de vue technique. Pour faire un couteau, nous procédons en général comme suit : nous imaginons individuellement des formes, puis les matérialisons en un dessin reporté ensuite sur les pièces métalliques de notre choix. Vient ensuite la longue phase de mise en forme du couteau selon l'image mentale ( le résultat n'est pas toujours à la hauteur !) puis l'ajustage à l'aide d'une kyrielle de petits outils spécifiques. Les couteaux sont donc réalisés en exclusivité et faits main (mise à part l'utilisation d'une perceuse et d'un backstand).

Les lames sont en damas inox de Schneider (le pionnier en la matière), de Van Hoy (un Américain du Kentucky), et également en damas inox élaboré selon la technique de la métallurgie des poudres .

Les systèmes de fermetures sont généralement, mais pas uniquement, du type liner-Iock, (rapporté ou non) (nous avons aussi fait des systèmes à pompe, à bouton-poussoir), les platines étant en titane, matériau parfaitement adapté pour les ressorts car il est très élastique et a une excellente " mémoire " de sa position initiale.

Platines et dos peuvent recevoir des guillochages pour donner du volume et de l'éclat au métal.

Quant aux manches, depuis le début, nous avons été fascinés par les nuances subtiles et infiniment variées de l'ivoire fossile de mammouth en surface), le chatoiement de certains bois précieux comme le bois de fer des déserts américains, les reflets élégants des nacres et les teintes vives du corail.

Ajoutons que pour augmenter le plaisir tant visuel que tactile, nous sculptons certains couteaux intégralement réalisés en damas, et ainsi apparaît la structure intime et ondulante du métal.

Enfin, encore plus rare que les autres matériaux, le fer météoritique nous rapproche des origines des corps célestes et à ce titre ne peut que susciter un émoi teinté de mysticisme.

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